La lecture quotidienne

Le jour où l’anglais s’éteindra

In français on 2011/03/03 at 10:51

“Je parle latin à Dieu, italien aux musiciens, espagnol aux soldats, allemand aux laquais, français aux dames et anglais à mon cheval*”, aurait dit Charles Quint au XVIe siècle. La plupart des ouvrages consacrés à l’anglais mentionnent cette phrase pour mieux faire remarquer que cette langue que l’empereur jugeait peu raffinée est désormais un colosse qui domine le monde.

Car l’anglais, affirme-t-il, sera la dernière lingua franca. Avec l’affaiblissement de l’hégémonie anglo-américaine, il perdra en influence, mais ne sera supplanté par aucune autre langue universelle. Nous assisterons plutôt à un retour à l’état de Babel, favorisé par les avancées technologiques. Grâce aux progrès du traitement automatique des langues, “tout le monde parlera et écrira dans la langue de son choix et pourra se faire comprendre”. On pourra objecter que cette thèse repose sur un optimisme technologique irréaliste et accorde une importance excessive au prétendu lien primordial unissant les locuteurs à leur langue maternelle, lien dont certains diraient qu’il est une création du nationalisme européen du XIXe siècle. Mais, quand bien même Ostler aurait tort de prédire le retour d’un multilinguisme babélien, il n’a pas tort de dire que l’anglais ne conservera pas éternellement son statut de numéro un mondial. Le paysage linguistique est voué à changer en fonction des réalités politiques et économiques.

via DÉBAT • Le jour où l’anglais s’éteindra | Courrier international.

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